Gigny

Abbaye de Gigny

Histoire de Gigny

La découverte, dans la falaise calcaire de Gigny du plus important gisement préhistorique du Jura nous prouve que le site est occupé depuis au moins 80 000 ans mais ce n’est qu’avec l’abbé Bernon qu’il va rentrer dans l’histoire.

Bernon est né vers 860 dans une grande famille de Bourgogne, peut-être était-il comte. Moine il aurait séjourné à St Martin d’Autun, abbaye qui appliquait la règle de St Benoît revue par St Benoît d’Aniane et, entre 885 et 888, il fonde, sur un domaine qu’il possède dans la vallée du Suran, l’abbaye de Gigny .

En 895 lors d’un voyage à Rome il place Gigny et Baume, qu’il a reçu en donation en 888, sous la protection de St Pierre c’est-à-dire du pape ce qui lui permet d’échapper à la convoitise des seigneurs locaux.

En 910, pour le salut de son âme et de celles des siens, Guillaume le Pieux, duc d’Aquitaine, comte de Macon, donne le vaste domaine de Cluny aux apôtres Pierre et Paul et fait appel à Bernon qui, accompagné de six moines de Gigny et six moines de Baume, y fonde une abbaye appelée à un grand avenir.

L’abbaye de Gigny prospère : elle a de nombreuses dépendances et depuis 912, date à laquelle, dans le contexte des invasions normandes, elle a recueilli les reliques de saint Taurin, évêque d’Evreux, elle est centre de pèlerinage.

L’ église est agrandie.

Cependant fin XIème siècle elle perd son indépendance. Comme le veut l’évolution de l’ordre, elle devient un prieuré de Cluny à qui elle doit verser des redevances.

Malgré des moments difficiles : relâchement spirituel, guerres, incendies dont celui de 1157 qui ravage le village et le monastère n’épargnant que l’église, peste , prélèvements de plus en plus élevés alors que les donations baissent, Gigny, avec un effectif de vingt cinq à trente moines, demeure un des principaux prieurés conventuels de Cluny et, aux XIII et XIVème siècles, le prieur occupe régulièrement des fonctions importantes au sein de l’ordre clunisien.

Cependant fin du XIVème siècle, comme dans nombre d’abbayes et de prieurés le commande est mise en place : le prieur commendataire nommé par le pape ou le roi n’a pas obligation de résidence ni d’exercice directe de sa charge (à Gigny le prieur claustral a le rôle de vicaire général) mais perçoit la plus grande partie des revenus.

Parmi les prieurs de Gigny un est particulièrement remarquable puisqu’il s’agit du cardinal Julien de la Rovere 1492-1503 futur pape Jules II. Rien ne prouve qu’il y soit venu mais il fait faire des travaux dans l’église, en particulier la façade qui porte ses armes.

Moins connu mais dont le rôle a été encore plus important Monsieur de Falletans qui au XVIème siècle fait assécher les marécages de la plaine et les transforme en terres arables.

Mais le plus souvent le système commendataire se fait au détriment de la bonne tenue des abbayes et prieurés et ce relâchement atteint aussi Gigny : la vie communautaire est peu à peu abandonnée au profit d’une vie plus séculière. La clôture disparaît, les moines doivent obligatoirement être nobles et occupent des maisons que nous pouvons voir encore aujourd’hui.

1760 la sécularisation est officiellement reconnue : les moines prennent le titre de chanoines, forment un chapitre et seuls les offices sont suivis en commun.

1788 le chapitre est définitivement supprimé et l’église monastique devient paroissiale

 Texte aimablement rédigé par Sylvie Roy Lebreton

Un sentier du patrimoine vous permettra de mettre vos pas dans ceux des moines (chantres, sacristain, chambriers, chanoines, prieur, ouvrier, …) qui peuplèrent cette abbaye, mais aussi de découvrir la vie d’un village au travers des siècles. Infos et animations voir ici

Concerts pendant le festival de bouche à oreille voir le site: festival-jura.com

Deux circuit sont possibles :

  • Circuit court : 350 m, 20 mn
  • Circuit long : 850 m, 45 mn.

Recommandations :

  • Attention, les maisons restent des propriétés privées,
  • Prière de tenir les chiens en laisse.